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Les facteurs de risque en moto Fiche 3

Les facteurs de risque

L’alcool. Près d’1/4 des conducteurs de moto impliqués dans un accident mortel affichent un taux d’alcoolémie positif. Les seuils d'alcool maximum tolérés sont de 0,25 mg/l d'air expiré ou 0,50 g/l d'alcool dans le sang, selon le type de mesure. La sanction encourue s'élève à 6 points de permis perdus et une suspension de permis pouvant aller jusqu'à 3 ans.

Les drogues. L'usage du cannabis seul (donc non couplé avec celui de l'alcool) multiplie par 1,8 le risque d’être responsable d’un accident mortel. Le cannabis diminue les réflexes, modifie la perception de l'environnement et augmente le risque.

Le duo alcool/drogues. L'usage combiné du cannabis et de l'alcool multiplie par 14 le risque d'accident mortel.

La vitesse excessive. La vitesse agit aussi bien sur le maniement de la moto que sur la perception de son conducteur. L’angle de vision passe de 110° à l’arrêt à 30° à 130 km/h. Dès lors, le regard se porte uniquement dans l’axe de la voie de circulation, soit le plus souvent devant soi. Attention donc à la perception de ce qui se trouve sur les côtés de la route (intersections, piétons, véhicules, etc.).  

Plus la vitesse à laquelle on roule est élevée, plus il est difficile d'effectuer une manoeuvre d'évitement ou d'urgence (obstacle, etc.). Plus il est difficile d'anticiper ce qui peut arriver sur la route (environnement). Autre facteur : plus la vitesse est élevée, plus les conséquences de la chute ou de la collision sont importantes.

Attention. En virage, la vitesse augmente le risque de déport sur la voie d'en face, ou encore le risque de perte d’adhérence des pneumatiques, plus important compte tenu de l'angle pris. Ce déport lié à la vitesse non maîtrisée entraîne un risque de collision de face ou encore un risque de sortie de route.

Autre facteur important concernant la vitesse à moto : plus la vitesse est élevée, plus un motard est difficile à voir pour/par les autres usagers. A mesure que la vitesse augmente, percevoir et être perçu devient plus difficile. Pensez-y.

La fatigue. L’ hypovigilance touche tous les usagers de la route. Elle agit cependant plus rapidement sur les conducteurs des deux roues motorisés. La conduite d'une moto demande un engagement physique et une bonne perception de son environnement. La fatigue est donc beaucoup plus perceptible, tout comme ses effets. La fatigue peut occasionner une perte d’équilibre et la chute immédiate. Les signes de fatigue doivent être connus et pris immédiatement en considération : la fatigue ne pardonne pas. La fatigue est cependant plus forte à certaines périodes de la journée, du moins du rythme biologique. Elle se fait principalement ressentir entre 14h et 16h (phase de digestion) et entre 2h et 5h du matin (phase biologique de récupération).

L'illusion de la visibilité. Une notion importante en deux roues. Les automobilistes, camionneurs et autres usagers de la route éprouvent des difficultés à détecter les motards. Allumé, bien placé, équipés de manière voyante, on s'imagine protégé, du mois visible et vu. A tort. Souvent, le motocycliste s’imagine avoir été vu alors qu’il ne l’a pas forcément été. Une illusion, donc. Illusion de visibilité, mais aussi de sécurité. Avoir la priorité sur la route à une intersection ne suffit pas, surtout à moto. C’est d’abord au motard de prévoir les situations de risque et d’assurer lui même sa sécurité. A moto, on doit se rendre détectable, en s’assurant d’avoir été perçu. De quoi augmenter le plus possible la marge de sécurité et de sérénité.

L'inexpérience. Facteur récurrent dans 1 cas sur 10, le manque de maîtrise des débutants de moins de 6 mois de permis lié à un manque de pratique et de repères est à l'origine d'accidents. La reprise de la conduite après un temps d’arrêt ou la conduite d’une moto dont on n’a pas l’habitude sont également un facteur à surveiller. Ajoutez généralement un excès de confiance en soi ou en sa moto, voire un sentiment "d’invulnérabilité", du moins une non conscience des dangers, et de nombreux facteurs d'accident sont là.

Les facteurs aggravants

L’état de la chaussée. Marquages au sol, traces de gasoil, plaques d’égout, chaussée humide ou grasse, chaussée dégradée, gravillons, feuilles mortes, infrastructures dangereuses doivent être des indices recherchés et pris en compte pour adapter sa conduite. La chaussée peut aussi être dégradée, pleine de bosses ou de trous, de quoi déséquilibrer ou modifier une trajectoire. N'oubliez pas : la surface de contact au sol des pneumatiques est l’équivalent de la surface d’une carte de crédit … L’adhérence d’une moto est précaire.


La météo. La pluie diminue la visibilité, le vent violent occasionne des écarts de trajectoire, le froid engourdi les membres et la chaleur peut inciter à oublier les équipements de protection. Éviter les zones de danger et adapter une conduite prudente, mais aussi savoir renoncer à utiliser sa moto lorsque les conditions sont très difficiles sont le début de la sagesse. Si seulement 10% des accidents se produisent par temps de pluie, 90% des morts ont lieu en plein jour, sur routes sèches et par beau temps.


L’état du véhicule. En l'absence de contrôle technique obligatoire, le bon état technique de la machine est essentiel. Une vérification régulière des pneus, freins, feux et niveaux est indispensable. La modification de la moto est également un facteur pouvant modifier les performances optimales et entraîner une perte de l'assurance (voir la fiche n°8).


La présence d'obstacle fixe. L’absence de protection et la présence d’obstacles fixes sont les principaux facteurs contribuant à accentuer la gravité des accidents impliquant des motos. Attention au mobilier urbain (l'habillage de la route), aux voitures stationnées, à leurs portières, etc.

La faiblesse de la protection ou son absence. Pas de carrosserie, mais pas tout nu non plus. Un équipement de protection n’évite pas l’accident, mais il permet toujours d’en diminuer les conséquences (voir la fiche n°6). L'équipement est le premier rempart. Il peut sauver une vie, réduire la gravité des blessures en absorbant l'impact, transformant un blessé grave en un blessé léger, et un blessé léger en une personne indemne... Attention à ce que vous transportez et à la manière dont vous le transportez. Le sac à dos pouvant entraîner de graves blessures à la colonne, il faut lui préférer la valise ou le top case, solidaires de la moto et non de vous.

Conclusion : Identifier les risques pour mieux les combattres

Ce n'est pas compliqué, à moto, tout ou presque est un danger potentiel. S'il faut souvent un cumul de facteurs pour conduire à un accident, savoir détecter les signes permet de mieux agir en conséquence et d'adapter aussi bien son comportement que son équipement. L'expérience, c'est connaître, assimiler, comprendre et éviter ces facteurs, agir en fonction d'eux. C'est intégrer ces risques pour que les contourner devienne instinctif. Une question de vie.